Le printemps 2020 nous amène une expérience pour le moins inattendue : la grande aventure de l’école à la maison.

Panique à bord ! Comment faire face à cette brutale nécessité pour laquelle aucun de nous ne s’est préparé ? Comment puis-je m’y prendre si mon enfant (aussi beau et merveilleux soit-il) est aussi un enfant dys, autiste ou porteur d’un autre trouble ?

Comment vais-je pouvoir le faire travailler ou même occuper ses journées en plus des miennes?

Voici une série d’articles qui vont tenter de vous aider à traverser cette période et, cerise sur le gâteau … à prendre un peu de plaisir dans tout ça.

Voir aussi dans la série Confinement-école à la maison :
Confinement – école à la maison : 4 astuces pour garder une ambiance paisible chez soi.
Confinement – école à la maison : quels outils  pour favoriser l’autonomie ?

Après ces dernières semaines de confinement, une grande difficulté relevée par les familles, c’est d’arriver se mettre au travail et d’y rester. Pas tellement en raison des difficultés d’apprentissages mais plutôt en raison des difficultés d’organisation et d’autonomie.

Voilà quelques propositions pour trouver une meilleure organisation et une mise au travail plus efficace.

Certains points ont déjà été abordés dans la série d’articles  » SOS Devoirs  » et peuvent s’appliquer à cette période de confinement : 

« S.O.S Devoirs », comment l’aider à se concentrer ? Une question d’espace !
« S.O.S Devoirs », comment l’aider à se concentrer ? Une question de temps !
« S.O.S Devoirs », comment se mettre au travail ?
« S.O.S Devoirs », comment l’aider à se concentrer ? Une question de motivation !

Tout d’abord, il est d’abord important de réaliser que l’école à la maison rend la tâche bien difficile, à la fois pour les parents et les enfants. Etudier à la maison cela veut dire :

  • résister à de nombreux « distracteurs » : jouets, jeux, écrans, bruits, etc…
  • renverser ses habitudes : les journées à la maison sont habituellement synonymes de vacances et de week-ends, les espaces sont donc attribués à des fonctions de détente et de loisirs
  • travailler seul, sans professeur pour donner les instructions et s’assurer du bon déroulement de la leçon, sans « climat de classe » autour de soi pour rester concentré…
  • être privé de récréation, de courir, jouer avec ses amis et de se défouler pour mieux retourner en classe ensuite
  • avoir des difficultés à « doser » la bonne quantité de travail, ne pas savoir si l’on travaille trop ou pas assez

Pour éviter l’explosion, des solutions sont possibles en profitant des avantages que propose l’école à la maison (car oui, il y a aussi des avantages!). 

Et c’est en dirigeant son énergie au bon endroit et avec une bonne organisation que tout cela devient réalisable : 

1) Organiser son temps

Un principe général veut qu’il vaut mieux faire court mais bien que long et mal !

Pour plus de détails, il y a deux étapes importantes pour arriver à mieux organiser son temps à la maison :

Etape 1 : observer comment travaille son enfant 

A l’école, le rythme de travail est imposé à l’enfant : on lui dit quand il doit travailler et quand il doit se reposer. 

C’est donc aujourd’hui l’occasion apprendre à connaitre les habitudes et les capacités de travail de son enfant et peut être lui proposer un rythme différent, qui sera plus adapté à sa façon de fonctionner.

Pour cela vous pouvez vous servir de vos observations des semaines passées et vous poser les questions suivantes :

  • combien de temps est-il capable de se concentrer ? Pour quel type de travail ?
  • à quel moment de la journée est-il le plus efficace ? (il travaille plus vite, mieux, rechigne moins)
  • à quelle moment de la semaine?
  • dans quel contexte ? (avant ou après un effort, un repas, élan de motivation spontané, à quelle fréquence…)
  • A quelle fréquence a t-il besoin de pauses ? Combien de temps ?
  • Que peut-il faire tout seul ? Quand a t-il besoin d’aide?

Certains préfèreront un emploi du temps fixe, d’autre un emploi du temps variable, certains préfèreront plusieurs plages de travail courtes, d’autre une plage plus longue.

Bref, il s’agit apprendre à se connaitre et à comprendre à quel moment nous sommes plus ou moins disponibles et efficaces pour les apprentissages.

Etape 2 : structurer des plages de travail et avancer à son rythme

A partir de ces informations, vous pourrez établir l’emploi du temps idéal pour chaque enfant ou plus simplement lui proposer des durées de travail qu’il sera capable d’atteindre, sans saturer son cerveau !

Plus l’enfant est jeune, plus sa capacité à rester concentré sera courte. Et si votre enfant présente des difficultés d’apprentissage, son volume attentionnel sera plus faible également (à cause des systèmes de compensation).

Il est donc très important de proposer des plages de travail abordables pour l’enfant (par exemple, s’il ne peut pas se concentrer plus de 5 minutes, et bien on commence par 5 minutes) et faire des pauses aussi souvent que nécessaire (même très courtes, cela peut suffire).

Si votre enfant pense qu’il peut y arriver et que l’on ne lui demande pas l’impossible, il lui sera beaucoup plus facile de s’y mettre. 

Et petit à petit, il pourra progresser et augmenter son temps de travail et ses capacités attentionnelles. Il sera même valorisant pour lui de mesurer la progression de ses capacités.

En bref, si l’enfant travaille au bon moment et le temps qu’il faut, il sera beaucoup plus efficace pourra avancer beaucoup plus vite qu’en situation classe habituelle. Et s’il y a un décalage entre la quantité de travail à faire et les capacités actuelles de votre enfant à les terminer, tant pis, vous pourrez le stimuler dans d’autres types d’activités que scolaires (sport, travaux manuels, cuisine, bricolage …).

 

2) Gérer son espace de travail

Il peut aussi être intéressant de profiter de l’expérience de l’école à la maison pour travailler autrement (debout, en marchant, par terre etc…) et d’observer ce qui sera facilitant pour votre enfant. À l’inverse, le canapé ou le tabouret de la cuisine peut être source de distraction et l’empêcher de se concentrer sur son travail. 

Dans certains cas, il sera favorable de préparer un espace le plus épuré possible, et d’inciter votre enfant à trouver sa posture idéale pour rester concentré (les pieds au sol, les fesses au fond de la chaise, le dos droit, les mains sur la table, les yeux sur la fiche de travail …).

Pour les enfants TDA/H ou qui montre des signes d’hyperactivité, c’est l’envie de bouger qui peut au contraire polluer toutes les autres pensées.
On peut dans ce cas proposer à l’enfant différentes solutions pour travailler en bougeant : manipuler un objet (balle anti-stress, pâte à malaxer…) lui donner un objet à mâchouiller, l’assoir sur un coussin d’air, tendre un élastique sous la table pour balancer ses pieds etc…

 

3) (Re)trouver et maintenir une bonne motivation 

Il arrive souvent que les enfants, particulièrement ceux avec des difficultés d’apprentissage, aient perdu le gout d’apprendre.
Et si votre enfant est déjà autonome, il y a un point qui peut rester difficile : les décrochages et les ras-le-bol.
L’école à la maison est une vraie chance de trouver un rapport nouveau aux apprentissages.

 

Voici 4 avantages (parmi d’autres) que peut apporter l’école à la maison par rapport à l’école classique :

  • Personnaliser les apprentissages 

Notamment chez les plus jeunes, qui sont dans des apprentissages « de base ». 

Vous pouvez en profiter pour ramener les notions à un centre d’interêt de votre enfant ou à une situation de sa vie quotidienne. Toutes sortes d’adaptations sont imaginables : en lecture, en écriture, en calcul, en géométrie …

Vous pouvez également profiter des activités que vous faites avec votre enfant pour lui expliquer les notions sous-jacentes (relier le concept des conversions de volume à une recette de cuisine par exemple).

 

  • Retrouver le plaisir de se tromper, sans subir le regard des autres

De nombreux enfants ont un rapport difficile à l’erreur. Un échec est souvent source de colère et de frustration, ce qui peut amener l’enfant à éviter les situations qui lui semblent difficiles et à perdre confiance en lui.

Changer d’environnement est donc une occasion formidable de retrouver un rapport plus sain à l’erreur (nous nous rappelons tous du nourisson, qui patiemment, lentement, va effectuer des milliers d’essais avant d’empiler 2 cubes, jusqu’à ce qu’il y arrive, en plusieurs jours, semaines ou mois, sans se décourager).

Une erreur n’est pas un évènement négatif à réprimander, mais au contraire c’est un pilier de l’apprentissage.

A la maison, votre enfant pourra donc se tromper à souhait dans son travail, sans le regard ni le jugement des autres. Il ne sera en compétition plus qu’avec lui même.

Il pourra retrouver le plaisir d’essayer, de se tromper, de chercher son erreur, de se tromper encore et finalement de comprendre et apprendre.

 

  • Récompenser les efforts de façon immédiate et fréquente

On ne va pas se mentir, même si un enfant aime naturellement apprendre, rester assis à faire des maths et du français, ce n’est pas le programme le plus réjouissant qui soit.

Alors tout comme vous, votre enfant a besoin d’être récompensé. Et si les enseignants en classe ne peuvent pas féliciter chaque enfant à longueur de journée, il est beaucoup plus facile de le faire en tête à tête à la maison.

Il est bien plus naturel pour un adulte de gronder son enfant qui ne travaille pas, qui se déconcentre, qui décroche, qui se lève … plutôt que de féliciter son enfant quand il est sagement assis à faire ce qu’il a à faire. Et pourtant, la deuxième solution est bien plus efficace !

Et s’il faut un temps d’entrainement et d’adaptation, vous verrez que l’on dépense beaucoup moins d’énergie à féliciter plutôt qu’à sermonner.

Pour résumer, n’ayons pas peur des carottes, c’est bon pour la santé !

 

  • Profiter d’une bonne dynamique de groupe : travailler en famille 

Pour les plus grands ou les plus autonome, n’hésitez pas à travailler en famille, tous ensemble, dans le même espace et à vous encourager et vous motiver mutuellement.

Quand l’un décroche, les autres l’aident à se re-mobiliser et inversement.

 

En bref, malgré un contexte difficile, l’école à la maison peut aussi permettre de : s’adapter au rythme naturel de l’enfant (et donc travailler plus vite), de développer la motivation, de baisser le stress et donc de proposer un climat d’apprentissage idéal.

Pour un maximum d’efficacité, on peut féliciter/complimenter son enfant fréquemment et plutôt sur l’effort fourni que sur le résultat.

Bon courage à tous,

 

Sophie Guérin

3 commentaires sur « Confinement – école à la maison : Comment organiser l’école à la maison? »

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